| ALPHAVILLE™
Association - Casablanca Maroc
Alphaville & Lieux Fictifs présentent:
"Atfal
Larmitage"
Une proposition de film de Caroline Caccavale.
Coproduction d'Alphaville & de Lieux
Fictifs.
Chronique d’un repérage
Parc de L'Hermitage
J’arrive dans un espace qui ressemble plutôt à une décharge
publique : des tas d’immondices et de gravats jonchent les
allées. Je n’arrive plus à me souvenir de la liste des objets
et matériaux divers amoncelés au sol.
Au milieu de cette immense poubelle se dressent des arbres
centenaires, qui pour certains semblent bien usés de vivre
là.
J’observe le jeu régulier des charrettes tirées par des
chevaux qui entrent, déchargent leurs gravats et repartent
aussitôt. Le rythme de leurs entrées et de leurs sorties
semble parfaitement synchronisé dans un mouvement continu.
Je me pose très vite une série de questions : pourquoi autant
de charrettes, pourquoi autant de gravats, pourquoi dans
ce parc et pas dans une décharge publique ? Très naïvement
je découvre que les gens du quartier sont très peu véhiculés.
En fait, ils n’ont que ce moyen de transport pour évacuer
les gravats. Et des gravats il y en a, puisque tout le monde
bricole comme il peut l’amélioration de son habitat. Les
charrettes ne peuvent pas rouler sur les autoroutes et les
décharges publiques sont situées à l’extérieur de la ville.
Alors, le parc semble être la seule solution. Il est à proximité
des habitations. Et puis il y a déjà tellement de gravats,
que personne n’enlève, les gens se disent autant continuer…
Je comprends alors très vite que le désastre naturel que
je vois sous mes yeux n’est autre que le reflet du désastre
humain qui entoure ce parc, celui qui se vit dans les quartiers
environnants d’El Miter-Bouchentouf.
Eymeric me raconte que les enfants du quartier viennent
jouer au « pilori » dans le parc. C’est un peu le jeu de
la « dînette ». Ils font un petit feu juste au pied d’un
arbre, posent une casserole sur une grille de métal et chauffent
du chocolat, de l’eau et du sucre. Quand le mélange est
enfin cuit, les enfants le dégustent et l’arbre panse ses
brûlures comme il peut.
Nous continuons la ballade à travers le parc, mais l’atmosphère
devient plus électrique. Des groupes de jeunes nous observent
et je sens bien que ce lieu n’est pas un lieu de flânerie
et de promenade, il y transpire l’errance, l’ennui et la
violence. Des dealers traînent sur les abords du parc. Un
ami d’Eymeric me dit de faire attention à mon appareil photo
car un groupe de jeunes semble l’avoir repérer.
la suite...
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